De Déas à Saint Philbert
Les ressources vivrières du Lac de Grand Lieu et de la rivière la Boulogne ont sans doute permis très tôt l’installation de communautés humaines à proximité de ces milieux humides.
Les origines
Les terres de Déas, domaine existant probablement dès l’époque antique, sont données au VII siècle au moine Philibert pour subvenir aux besoins de l’abbaye qu’il a fondée sur l’île D’Her (Noirmoutier). Au début du IXe siècle, la communauté pense trouver à Déas le cadre idéal pour fonder un nouveau monastère à l’abri des raids vikings qui sévissent sur le littoral. Quittant leur île devant les invasions normandes, les moines philibertins édifièrent en l’an 815, avec l’autorisation de Louis 1er fi ls de Charlemagne, empereur d’occident une importante église abbatiale, où fut déposée en 836 le sarcophage contenant les reliques vénérées du Saint fondateur.
En 858, après leur départ pour Cunault puis Tournus, les moines viennent rechercher les reliques de Philibert mais laissent le sarcophage dans l’église. Au Xe siècle, un petit groupe de moines revient s’installer à Déas, devenu prieuré sous la dépendance de l’abbaye de Tournus. Au début du XIIe siècle l’appellation Déas est remplacée dans les textes par l’expression Saint Philbert de Grand Lieu.
L'abbatiale de la révolution à nos jours
Lors des troubles de la révolution et des guerres de Vendée, de nombreuses chapelles des environs sont détruites ou pillées. L’abbatiale ayant servie de hangar n’est pas saccagée. En 1870, la municipalité décide la construction d’une église néogothique, l’abbatiale en mauvais état ne paraissant plus adaptée au culte. Sa toiture est alors remaniée et les murs de la nef sont abaissés de 3m afin d’y installer le marché couvert. Pourtant, moins de 30 ans plus tard, en 1896, suscitant l’intérêt d’archéologues et historiens, l’abbatiale est classée Monument Historique.
En 1936, le marché est transféré dans un hangar installé sur la place de l’abbatiale et l’église est réaffectée au culte. Lieu de pèlerinage en lien avec la Loire par le lac de Grand Lieu et l’Acheneau, Saint Philbert de Grand Lieu a pu être un centre commercial actif et son port a accueilli des barges jusqu’aux années 1930.
La construction d’une ligne de chemin de fer qui relia Nantes à Legé de 1893 à 1935 mit fin au trafic fluvial, le chemin de fer, à son tour, sera victime du trafic routier.
Les transports à Saint Philbert il y a plus de 100 ans...
La ligne Nantes Legé a été déclarée d’utilité publique le 1er août 1890. Ouverte à l’exploitation le 28 août 1893, elle sera fermée le 1er mai 1935. Elle part de « la gare de Legé » située à la périphérie de Nantes et se termine à Legé. Sa longueur est de 44 km environ. Au départ de Nantes et jusqu’après Pirmil, elle emprunte la voie de Pornic, mais avec une 3ème file de rail. En effet la voie de Pornic a un écartement de 1,435 m, alors que celle de Legé a un écartement de 1m.
« Le 4 janvier 1890, le Préfet de la Loire Inférieure signe une convention, par laquelle le Département accorde à la Compagnie Française des Chemins de Fer à voie Etroite, pour une durée de 50 ans expirant le 1er août 1940, la concession de la ligne de Nantes à Legé ».
A Saint-Philbert, il faut aménager la voie en remblai, à cause du passage dans les marais. Il faut construire un pont de fer de 23 m de long sur la Boulogne et aménager la gare au km 22,4. Un arrêt est prévu à la Roussière, km 27. A partir du 25 décembre 1895, il y a 3 trains descendants et trois montants, hors dimanches et jours de fêtes (un seul étant prévu). On part de Nantes à 6h52, 12h22 et 5h40 le soir. On arrive à Saint-Philbert respectivement à 8h06, 1h31 et 6h46. Le coût est de 1,75 F en 1ère classe et 1,15 F en 2ème classe.
La lecture des délibérations du conseil municipal est intéressante. A la fin du XIXème siècle, beaucoup de problèmes sont importants à Saint-Philbert: l’aménagement de nouveaux chemins vicinaux, la construction de l’église, les questions scolaires, le chemin de fer…Pour ce dernier point, trois périodes se dégagent. En 1884 et 1885, c’est la décision de choisir le chemin de fer plutôt que le tramway, avec le financement des études, estimées à 25 000 F, à se répartir entre les différentes communes, dont certaines ne veulent pas payer. En 1987, c’est l’étude de l’avant-projet et la proposition de vœux pour le modifier. Enfin de 1891 à 1893, on n’en finit pas de discuter sur la construction du chemin vicinal N°1 (boulevard Lamoricière) reliant le bourg et cette nouvelle gare : les différents projets, les expropriations, les réclamations, le financement etc.
Et encore après ; le conseil municipal du 5 novembre 1893 parle d’accidents et entend les réclamations sur les horaires et la vitesse ! Groupe Patrimoine Local d’Abbatiale et Découvertes mai 2010
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